Kaboul, sous le règne des talibans. Kaboul en ruines. Kaboul sale, affamée, malade. Kaboul livrée à « l’enfer et la folie ». C’est le décor de ce roman de Yasmina Khadra. Plus qu’un roman, c’est un témoignage, une réalité que l’auteur restitue bien mieux que tous les reportages ou les bulletins d’information des journaux télévisés. C’est la chronique de la vie quotidienne à Kaboul où la vie humaine ne vaut presque plus rien. C’est un état des lieux des conditions de survie des populations, notamment celles des femmes, réduites à des êtres invisibles.
Au travers de Atik le geôlier, et sa femme Mussarat, malade et résignée ou bien Mohsen et sa femme Zunaira, une avocate belle, révoltée et impuissante Khadra nous fait vivre une vaste palette de sensations, de la tristesse à l’horreur.
Des procès absurdes condamnent des femmes à l’humiliation et la mort par lapidation. Ces scènes barbares sont érigées en spectacles et divertissements dans une ville où tout est interdit, où la dignité n’a plus de sens et où la violence s’exprime pour les motifs les plus futiles. On ne peut rester insensibles à la souffrance et au courage de ces héroïques hirondelles face au fanatisme cruel de leurs bourreaux.
Comme c’est souvent le cas chez Yasmina Khadra, c’est aussi un roman d’amour, un roman court mais tellement intense et que l’on n’oubliera pas, une fois le livre fermé.
Kourde Yacine. 25 août 2013.
