Yuval Noah Harari. Sapiens : Une brève histoire de l’humanité. Ce livre a connu un grand succès mondial. Il a été lu et recommandé par les  hommes les plus importants de la planète, à l’instar de Obama, Bill Gate ou Mark Zuckerberg  pour ne citer que ceux-là. Traduit dans 42 pays, il a été vendu à plus de 12 millions d’exemplaires. Il se présente comme une synthèse des connaissances historiques et anthropologiques depuis l’apparition de l’Homo sapiens jusqu’aux défis actuels. Le livre commence par une analyse de la préhistoire et des premières civilisations humaines. L’auteur explique notamment comment  la révolution agricole,  le monothéisme et la division du travail ont eu une influence considérable sur le développement de l’humanité. Il décrit également comment l’évolution des technologies, l’essor des nations et les révolutions industrielle et scientifique se sont succédé pour permettre à l’humanité de s’installer sur le globe. Il souligne  comment les technologies modernes, telles que les réseaux sociaux et la biotechnologie, sont en train de modifier la nature même de l’humanité. Mais auparavant Harari affirme surtout que les hommes ont créé des récits qui ont façonné notre monde. Cette brève histoire de l’humanité s’étend tout de même sur plus de 500 pages écrites dans un style simple et accessible, rendant la lecture agréable. C’est l’un des livres les plus importants que j’ai lu sur au moins les quarante dernières années. Par beaucoup d’aspects, il fait  penser à celui de Jacques Ruffié, de la biologie à la culture.

KOURDE Yacine. juin 2018.

Notes et extraits (dont certains sont savoureux)

 « Jamais vous ne convaincrez un singe de vous donner sa banane en lui promettant qu’elle lui sera rendue au centuple au ciel des singes. »

« Quelle que soit la raison, les Sapiens finirent par battre en retraite, laissant les Neandertal maîtres du Moyen-Orient. «

 « Certaines étaient sans doute aussi hiérarchiques et violentes que le groupe de chimpanzés le plus hargneux, et d’autres aussi décontractées, paisibles et lascives qu’une bande de bonobos. »

 « Nous pouvons bien habiter aujourd’hui de grands immeubles équipés de réfrigérateurs pleins à craquer, notre ADN croit encore que nous sommes dans la savane »

 « Pris un par un, voire dix par dix, nous sommes fâcheusement semblables aux chimpanzés. Des différences significatives ne commencent à apparaître que lorsque nous franchissons le seuil de 150 individus

 « On a observé un singe vert crier : « Attention, un lion ! », alors qu’il n’y avait pas de lion dans les parages. L’alerte avait l’avantage d’effrayer un comparse qui venait de trouver une banane, que le menteur put conserver pour lui seul. »

» Si nous savions combien d’espèces nous avons déjà éradiquées, peut-être serions-nous davantage motivés pour protéger celles qui survivent encore. » Sapiens.

 « Aujourd’hui encore, malgré nos technologies avancées, plus de 90 % des calories qui nourrissent l’humanité proviennent de la poignée de plantes que nos ancêtres domestiquèrent entre – 9500 et – 3500 : blé, riz, maïs, pommes de terre, millet et orge. »

 « La domestication des animaux se fonda sur une série de pratiques brutales dont la cruauté ne fit que s’accentuer au fil des siècles. »

 « L’empereur romain Caligula avait un cheval favori, Incitatus, qu’il envisageait de nommer consul ».

 « En 1776 avant notre ère, Babylone était la plus grande ville du monde. l’Empire babylonien était probablement le plus vaste du monde. Il gouvernait la majeure partie de la Mésopotamie, dont le gros de l’Irak moderne ainsi que des parties de la Syrie et de l’Iran actuels »

« Un jour qu’Alexandre le Grand lui rendit visite, Diogène se prélassait au soleil. Alexandre voulut savoir s’il pouvait faire quelque chose pour lui, et le Cynique lui répondit : « Oui, en effet. Ôte-toi de mon soleil. »

Est-ce que quelqu’un peut nous expliquer pourquoi Yuval Noah Harari a emprunté le titre de son best seller à Stephen Hawking auteur de « Une brève histoire du temps ». En sachant que le premier est israélien et que le second avait pris fait et cause pour les Palestiniens.

 « Sapiens ». Pas convainquant, vers les page 147, la mise cote à cote du naturel, du contre naturel et de l’évolution des espèces.

 « Le premier ordre universel à apparaître était économique : l’ordre monétaire ; le deuxième était politique : l’ordre impérial ; et le troisième religieux : l’ordre des religions universelles telles que le bouddhisme, le christianisme et l’islam ».

 « Il est même possible de transformer le sexe en salut : ainsi les putains du xve siècle, quand elles couchaient avec des hommes pour de l’argent qu’elles utilisaient ensuite pour acheter des indulgences à l’Église catholique. »

 « la quasi-totalité des habitants des deux continents américains, de la Péninsule de Barrow, en Alaska, au détroit de Magellan, communiquent dans une des quatre langues impériales : espagnol, portugais, français ou anglais ».

 « Pour beaucoup d’Américains, de nos jours, leur gouvernement a pour impératif moral d’apporter aux pays du Tiers Monde les avantages de la démocratie et des droits de l’homme, quand bien même cela passerait par les missiles de croisière et les F-16. »

 « Le souverain prémoderne typique donnait de l’argent aux prêtres, aux philosophes et aux poètes dans l’espoir de les voir légitimer son règne … Il n’attendait pas d’eux qu’ils découvrent de nouveaux médicaments, inventent de nouvelles armes ou stimulent la croissance économique. »

 « Les provinces ouest-européennes de Rome n’étaient qu’un pauvre Wild West, un Ouest sauvage qui n’apportait pas grand-chose hormis des minéraux et des esclaves. L’Europe était si désolée et barbare qu’elle ne valait pas même d’être conquise. »

 « Des millions d’autres moururent …… au cours du long voyage du cœur de l’Afrique aux côtes de l’Amérique. Tout cela pour que les Européens sucrent leur thé et mangent des bonbons… et que les magnats du sucre empochent d’énormes profits. »

 « Les impérialistes prétendirent que leurs empires n’étaient pas de vastes entreprises d’exploitation, mais des projets altruistes poursuivis pour le bien de races non européennes – suivant les mots de Rudyard Kipling, le « fardeau de l’homme blanc »

 « C’est un des facteurs cruciaux qui menèrent à l’effondrement de l’hégémonie européenne. Au cours de la guerre d’Algérie (1954-1962), la guérilla algérienne triompha ainsi d’une armée française dont l’avantage numérique, technique et économique était écrasant »

 « Les nationalistes croient que le droit à l’autodétermination est la clé de notre bonheur. Les communistes postulent que tout le monde nagerait dans la félicité sous la dictature du prolétariat. Les capitalistes assurent que seul le marché peut assurer le plus grand bonheur ».

·« Des décennies durant, l’aluminium fut plus coûteux que l’or. Dans les années 1860, Napoléon III exigeait des couverts en aluminium à sa table pour recevoir des hôtes de marque. Les visiteurs de moindre importance devaient se contenter de couteaux et de fourchettes en or. »

El Mansour : 714-775. Haroun Errachid : 765-809.El Maamoun : 786-833.

 « Si le potentiel que représente Alba est pleinement exploité – et si l’humanité ne s’anéantit pas entre-temps –, la Révolution scientifique … Ce pourrait bien être la révolution biologique la plus importante depuis l’apparition de la vie sur terre »

Edouardo Cak, cité dans Sapiens.

Un lapin de l’Inra nommé Alba http://liberation.fr/grand-angle/2008/06/09/un-lapin-de-l-inra-nomme-alba_73632 via @libe

 « (Le génome de la souris contient environ 2,5 milliards de bases nucléiques, celui du Sapiens autour de 2,9 : autrement dit, la différence n’est que de 14 %).


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