La pieuvre. Salima Mimoune. Kourde Yacine. 18 août 2021.


La pieuvre est le troisième roman de Salima Mimoune, après les ombres et l’échappée belle (L’Harmattan) et le bal des mensonges (ENAG).
Préfacé par Maissa Bey, il est inspiré d’une histoire réelle.
C’est l’histoire de Yousra et Yanis, jeunes lycéens dans un petit village de l’intérieur du pays. Ils s’aiment et leur amour est la proie de la bêtise, de l’hostilité et de l’intolérance qui s’installent insidieusement dans la société.
Avec une clairvoyance saisissante, l’auteure nous dévoile les signes annonciateurs et les processus de régression.
Les lieux et les personnages sont judicieusement choisis et expriment tout à la fois l’obscurantisme et le fanatisme, mais aussi la résistance et l’espoir.
C’est une plume subtile, tantôt lyrique, tantôt indignée, mais toujours lucide, qui examine et analyse l’ignorance, la barbarie et l’hypocrisie, personnifiées notamment par un professeur d’histoire originaire du Moyen Orient (du moyen âge devrait on dire). De même Kader le père de Yousra, Hedda la sage femme ou Bachir le professeur de lettres illustrent parfaitement le courage, la lutte et l’opposition aux ténèbres.
Le roman reste plus que jamais d’actualité, même si on peut regretter que parfois il s’éloigne un peu de la littérature pour déborder dans le champ de l’histoire, de la morale ou de la poésie . Malgré une fin qui surprend comme un couperet, Salima Mimoune réussit à conjurer nos inquiétudes. Elle laisse espérer, comme sa dédicace « que la pieuvre n’aura jamais raison de nos rêves et nos résistances ».

Kourde Yacine. 18 août 2021.


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